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22.1.16

The Revenant, l'Oscar pour Leo et que ça saute !


J’ai pu visionner cette semaine (et ouaiiiis) le tant attendu The Revenant, dont la sortie en salles françaises est prévue le 24 février prochain. Réalisé par Alejandro González Iñárritu, oscarisé l’année dernière pour Birdman, le film oppose deux beaux gosses hollywoodiens Leonardo Dicaprio et Tom Hardy (mais on oublie très vite leurs jolis minois sous une une tonne de poils cracra). Dans l’Amérique sauvage du 19ème, le trappeur Hugh Glass (Leonardo Dicaprio), après avoir été grièvement blessé par un ours, est abandonné par son équipe. Laissé pour mort, en particulier par le traître Fitzgerald (Tom Hardy), Glass va se relever et entreprendre un voyage hostile de plus de 300 km pour venger son fils. 

On retient une lutte héroïque emmenée par la performance de Leonardo Dicaprio et un spectacle d'aventures dont la photographie est dirigée par Emmanuel Lubezki, habituel collaborateur de Terence Malick. Tourné loin des studios hollywoodiens dans des conditions extrêmes, le tournage faisait déjà la réputation du film depuis quelques mois. Les scènes ont été filmées à la lumière naturelle dans les zones enneigées du Canada où la température avoisinait les -40 degrés emmenant Dicaprio jusqu’à l’intérieur d’une carcasse de cheval. Nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur Acteur, il serait temps que Leonardo reçoive une distinction, après Gilbert Grape, Aviator, Blood Diamond, Le Loup de Wall Street, c'est sa cinquième nomination ! Cette année il s'oppose à Bryan Cranston (Trumbo), Matt Damon (Seul sur Mars), Michael Fassbender (Steeve Jobs), et Eddie Redmayne dans The Danish Girl, perso de cette liste je n'ai vu que Seul sur Mars mais je subsiste : #GiveLeoAnOscar

       
              


Le scénario est inspiré de faits réels, l’histoire vraie de Hugh Glass que j’avais découvert au travers de la chanson 
6 weeks des fabuleux Of Monsters and Men (ici mon report de leur passage à Garorock sur le site de Thorium).


               



9.4.15

Chronique cinéma : Lost River


On y est, avril 2015, ce mois si excitant où le 1er film de Ryan Gosling en tant que cinéaste débarque dans les salles françaises.

Inspiré de l'atmosphère morose qui s'est abattue sur Détroit -première grande ville des États-Unis à avoir demandé sa mise en faillite- c’est là que l’équipe a posé ses valises pour le tournage. C’est donc dans une ville en décomposition, frappée par la crise économique et désertée que le film suit les errances de Billy, une mère célibataire qui lutte pour son emprunt, sa maison et ses deux fils. Mais le scénario est beaucoup plus alambiqué : Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant vers une cité engloutie. Nous voilà donc plongés dans un conte social mêlé à une histoire fantastico-ahurissante.

Niveau casting, on retrouve des acteurs analogues à Ryan :

Christina Hendricks (Billy, la mère) n’est autre que la rousse incendiaire avec laquelle il ne se montre pas des plus tendres au sein de Drive.


Ben Mendelsohn, acteur australien avec qui il partage l’affiche de The Place Beyond the Pines et également Eva Mendes rencontrée sur le même tournage et qui désormais joue un grand rôle dans sa vie privée : celle de la mère de leur fille Esmeralda.  


Et Iain de Caestecker, le jeune héros de l’histoire qui ne recense jusqu’alors aucune collaboration avec Ryan mais qui révèle quelques airs physiques.


Pour son premier long métrage -dans lequel il s’abstient de tenir un rôle- Ryan nous présente un production esthétique et poétique. La photographie est soignée dès les premières minutes et l’on perçoit très vite les références aux cinéastes branchés contemporains qui l’ont inspiré : monde de la nuit, bande-son omniprésente, tempo électro, plans fixes, couleurs saturées et néons empruntés à Nicolas Winding Refn le réalisateur de Drive ou encore les traveling sur des paysages baignés de lumière de Terrence Malick.. Grand admirateur de Gaspard Noé (il affirme d’ailleurs que son film préféré cru 2010 est Enter The Void, Aïe !) Ryan Gosling a choisi de confier la photographie à Benoît Debie le directeur photo attitré de Noé. Mais à vouloir sur-esthétiser son œuvre il se perd dans un scénario trop sophistiqué et peu compréhensible. Une œuvre arty qui plaira aux cinéphiles avertis mais qui risque de s’attirer les foudres criants à la caricature prétentieuse du cinéma indépendant.

1h35 il n’en fallait pas plus –ou en tout cas pas si brouillon- car l’intérêt pour le film ne m’est venu que vers la moitié en partie grâce à Ben Mendelsohn convaincant dans ses interprétations possédées par l’obsession charnelle. Ce film halluciné ne laisse tout de même pas indifférent et colle à la peau quelques heures durant. Fusionnant dans de très beaux tableaux : sordide, violence, spectaculaire morbide et fanatisme pour les flammes.

Si on lui pardonne la surenchère et considère ce film comme un coup d’essai, Ryan nous a ouvert les portes d’un univers fécond qu’il lui faudra explorer davantage.


         


27.7.14

Fifty Shades Of Grey : le 1er trailer




Je n'ai pas du tout adhéré au phénomène de lecture du roman érotique 50 Nuances de Grey, signé E. L. James. Après un succès de 100 millions d’exemplaires vendus, une adaptation cinématographique était à prévoir, et c’est Sam Taylor Wood qui s’y colle (une femme). 
Je dois dire que je trouve la bande annonce très appétissante. Au casting : Dakota Johnson, la fille de Melanie Griffith, pour interpréter le rôle d’Anastasia Steele et le so sexy Jamie Dornan (ex de la sublime Keira Knightley) parfait pour incarner le rôle de Christian Grey pour lequel on est prête à se damner. 

La tension sexuelle est à son comble durant cette bande annonce de 2:25 minutes, très éthérée qui évoque crescendo la romance teintée sadomasochiste, au son d’une version totalement inédite de Crazy In Love par Beyoncé. La sortie est prévue le 11 février prochain, prête à nous faire passer une St.Valentin des plus hot. 


         

20.4.14

Her de Spike Jonze



Ce week-end j’ai enfin trouvé le temps de visionner Her le dernier film de Spike Jonze, récompensé par l'Oscar du Meilleur Scénario 2014.

Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly (interprété par Joaquin Phoenix) est écrivain de lettres, de lettres d’amour. Un job qui consiste à dicter des lettres à son ordinateur (imprimées ensuite de manière "manuscrites") pour le compte de clients pressés en mal d’exprimer leurs sentiments. Une mise en situation déjà assez déroutante dans ce futur ultramoderne.

Theodore est en pleine période post rupture, abimé et  inconsolable, il s’isole dans sa solitude. C’est alors qu’il décide d’acquérir un nouveau système d’exploitation informatique, programmé pour s’adapter à la personnalité de chaque utilisateur et établir un contact intime avec celui-ci. Il fait alors la connaissance de 'Samantha', une intelligence artificielle (interprétée par Scarlett Johansson, qu’on ne verra jamais à l’écran).

Va alors se développer une histoire d’amour entre Theodore le déprimé et Samantha l’OS. Un genre très novateur pour nous public de love story puisque leur couple ne pourra être perçu que virtuellement.

Tomber amoureux d'un programme informatique peut nous paraître bien ironique et pourtant ! Pas plus ironique finalement que fantasmer sur une relation via un tchat. Ce film soulève de nombreuses réflexions sur notre monde actuel, notre quotidien ultra-connecté, notre fuite fréquente face à la complexité des rapports humains. L’ennui est le mal de notre siècle, on s’ennuie et on se lasse très très vite, on se nimbe de neutralité et de doutes après nos déceptions amoureuses, on se met en quête d’intensité par peur d’avoir déjà tout ressenti et de ne plus découvrir de nouvelles sensations. L’addiction aux réseaux sociaux et aux applications digitales tend à bercer notre génération d’illusions, à développer notre narcissisme et ainsi à nous protéger des relations humaines qui pourraient nous paraître contraignantes.

Theodore est ce type d’homme, que j’ai déjà connu, sensible mais au caractère nébuleux, incapable de faire face à ses sentiments, se renfermant sur lui-même pour éviter l’opposition, ne renvoyant que de la distance et de la colère. Alors via l’oreillette, Samantha représente la partenaire idéale : attentive, drôle, mais surtout jamais envahissante. Mais malgré sa programmation, les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent. Et l’amour si futuriste soit-il soulève des émotions corrélatives chez l’être humain : la jalousie, l’exclusivité, la fidélité,  le désir désespéré d’être aimé en retour. 

Une réalisation léchée pour un futur d’une tristesse désarmante. Dans cette fable amoureuse je me suis plus identifiée au couple qu’il formait avec la fragile Catherine interprétée par Rooney Mara, le film est d’ailleurs hanté de flashbacks retraçant les images de leur bonheur évanoui. Et je n’ai pu m’empêcher de verser ma petite larme, retenant que pour avancer malgré son chagrin mieux faut savoir faire la paix avec son passé. 


        

2.1.14

Take this waltz

Take this waltz est une perle poétique et colorée, réalisée par la canadienne Sarah Polley, explorant la thématique de l'infidélité.


Margot (Michelle Williams) vit avec Lou. Un amour tendre, une complicité qui leur appartient, bref un mariage "sécure". Et puis Daniel (Luke Kirby tellement sexyyyyy) lui tombe dessus sous les traits du coup de foudre. Commence alors la lutte de Margot. Lutte contre le désir. Lutte contre la souffrance qu’elle peut infliger à celui à qui elle tient. Mais également une lutte bien plus égoïste : celle de devoir faire un choix, de renoncer à une vie qui lui appartient et d’être face à la peur de peut-être le regretter plus tard. Parce que oui Margot, comme tout un chacun, a peur de l’inconnu, elle en fait part à travers sa phobie des aéroports.
 

Ce film n’épargne pas l’ennui qui s’installe dans la vie de couple de Margot. Lou, le tendre rigolo, un brin prosaïque, qui n’a plus rien à lui souffler lors de leurs sorties au restaurant fait face à Daniel avec sa gueule d’ange, son âme d’artiste, sa sensualité latente et son amour pour elle débordant. Une scène de sexe sans sexe mais terrrrrriblement érotique se dégage du film, celle où Daniel lui dépeint les yeux dans les yeux ce qu’il lui ferait là, maintenant, si elle s’offrait à lui.
 

Puis vient le moment où, au pied du mur, elle décide Enfin de saisir ce nouveau bonheur qui lui tendait les bras depuis le début. Place alors à un magnifique plan filmé en travelling circulaire et bercé par une musique de Leonard Cohen, Take this waltz justement. 4 minutes sur-esthétisées où cette nouvelle passion prend vie, vit, avant de se fatiguer elle aussi pour donner lieu au plan identique du début du film et de sa précédente histoire d’amour. Parce que voilà la vie est une danse, une valse, un éternel recommencement de pas cadencés, qui ternissent les passions...

Ce n’est pas un film d’amour, c’est un film sur la répétition du schéma de la vie, du temps qui fait son œuvre et étiole l’attirance, même la plus irrésistible. C’est un film sur le vide, le vide que l’on va ressentir inexorablement lorsqu’on aura tout. Ce vide inhérent à chaque personne, inhérent à l’existence simplement. Et Margot c’est un peu nous ou cette personne que l’on a connu, qui foire ses certitudes, prend le risque de combler CE vide, qui en réalité ne peut être comblé... Quand la mélancolie ressurgit... est-ce de la faute de l’autre ? Ma faute à moi ? Ou peut-être, simplement, la faute au temps qui passe...


8.4.13

Perfect Mothers

Anne Fontaine porte à l'écran le roman "Les Grands-Mères" de l'écrivain britannique Doris Lessing, le film a été présenté au dernier festival américain de Sundance.

Inséparables depuis l’enfance, Roz et Lil vivent avec leurs jeunes fils. Le mari de la première éloigné depuis peu à Sydney pour le boulot, le second décédé quelques années auparavant.  

Décor sauvage, belles baraques, mer infinie, le quartet vit là, un peu en autarcie. Complicité, surf, ivresse, la vie est légère, la vie est australienne.
Et puis au bout de quelques minutes une tension érotique se fait sentir, un des garçons séduit la mère de son copain, les limites sont franchies, et la scène se reflète dans l’autre maison. Les aventures ne vont pas restée clandestines. On s’attend là à quelques turbulences, mais pas vraiment en fait, les copines en parlent, on ressent surtout la tendresse qu’elle éprouve l’une pour l’autre, favoriser le bonheur de l’autre, plus que la protection d’une mère à l’égard de son fils.
Et ça dure, il s’agit de passion amoureuse pas d'une simple liaison. Une harmonie équilibrée où le fils de l’une est l’amant de l’autre, une sorte de pacte même, car quand la différence d’âge rattrape l’un des duo il devient plus raisonnable de tout stopper. Nous ne sommes pas face à deux histoires de couple, non l’une ne va pas sans l’autre. Mais quand l’ordre pourrait être rétabli, les passions perverses reprennent le dessus. Du rebondissement donc pour cette réalisation réussie où les transgressions tellement troublantes ne deviennent pas si dérangeantes à observer tant ces êtres sont insoutenablement légers malgré la souffrance infligée.


Casting réussi, Robin Wright et Naomi Watts incarnent parfaitement leur rôle, en accord toutes les deux, elles sont sublimes, avec retenue et sans artifice, quadra assumées, fait rare pour des actrices américaines.



     

30.3.13

Les Amants Passagers



La sortie du nouveau film de Pedro Almodovar, génie de la Movida, divise. Pour son 19ème long-métrage, le réalisateur espagnol revient à la comédie frivole.

Embarquez sur le vol 2549 qui sent bon la back-room, la tequila et les pilules colorées. Suite à un problème technique l’avion tourne en rond au dessus de Tolède, en attendant une piste d’atterrissage disponible. Les passagers ont été gavés d’anxiolytiques pour éviter tout mouvement de panique sauf ceux de la business class et son joyeux équipage -entrainé à gérer l’affolement- comprenez à réaliser de puissants cocktails et à se déchainer en musique 80’s. Aveux et histoires qui s’entremêlent vont aider tous ces personnages à oublier l’angoisse du moment.

Sexualité débridée et dialogues particulièrement crus (vulgaires ?) alimentent le scénario d’un cinéaste, qui, en d’autres circonstances sait se faire plus subtil et sensible. On a bien compris qu’il ne vise pas là le chef d’œuvre, et offre une récréation à l’Espagne qui fait face à sa lourde situation économique.

Pedro Almodovar renoue avec le kitch qui a fait son succès et ça ne fait pas de mal.